Pour Action Logement, être acteur de l'utilité sociale c'est proposer des initiatives innovantes pour répondre aux problèmes liés au logement. Le Groupe est à l’initiative de la création d'un lieu d'échange, dédié à la recherche et à la formation sur le logement, IDHEAL : l'Institut Des Hautes Etudes pour l'Action dans le Logement. Le 4 février dernier lors d'une conférence de presse au siège d'Action Logement, le nouvel Institut a présenté les résultats d’une première étude menée par Kevin Beaubrun-Diant et Tristan-Pierre Maury « 20 ans après, la loi SRU a produit une « mixité de façade(s) ».

L’IDHEAL se fixe pour objectif de produire des études sur le logement, susceptibles d'influencer des décisions publiques et de proposer des formations. Catherine SABBAH, précédemment journaliste en charge de l'immobilier du logement et de l'urbanisme aux Echos, est devenue Déléguée Générale de la structure.

Cet Institut de recherche et de formation, résulte d’un constat partagé par de nombreux acteurs. « Il manque à ce secteur un socle commun entre les secteurs publics et privés, le logement social et la promotion immobilière, le BTP et les ONG, les vieux acteurs du logement et les nouveaux venus » a souligné Catherine SABBAH en présentant l’Institut. « L’idée est donc de créer un espace dédié à la rencontre entre ces acteurs, un lieu de réflexion autour des problématiques liées au logement (places d’hébergement insuffisantes, accès au logement difficile...) au sein duquel seront réalisées études, évaluations et prospectives. »

La structure s'adresse à des chercheurs des universités françaises et étrangères, issus du secteur ou souhaitant le rejoindre qui suivront des séminaires et seront associés à la production de nouvelles idées au travers notamment des ateliers ou des hackathons*.

L'institut est composé pour l’instant de 6 autres membres partenaires : Engie, l'Étude notariale Cheuvreux, Groupama Immobilier, Nexity, la SMABTP et la SNCF.

* communauté se réunissant dans un même lieu durant quelques jours pour former des équipes développant des projets innovants sur une thématique donnée.

Les principaux résultats de l’étude « 20 ans après, la loi SRU a produit une « mixité de façade(s) »
 
La loi SRU, Solidarité et Renouvellement Urbain, visait à augmenter le parc de logements sociaux et à rééquilibrer sa répartition géographique sur le territoire pour favoriser la mixité sociale et faciliter des parcours résidentiels. 20 ans après sa mise en œuvre, une partie de l’objectif est atteinte. Les HLM sont de plus en plus mélangés aux autres logements et leurs occupants moins stigmatisés.
 
Depuis la mise en place de la loi SRU, la ségrégation selon le statut d’occupation (HLM ou privé) a nettement baissé par rapport à la référence nationale qui s’établit comme suit : si toutes les communes possédaient 15% de locataires HLM dans leur parc résidentiel, la ségrégation serait nulle. Si les villes ne comprenaient que des logements sociaux ou aucun, la ségrégation serait maximale).
 
Entre 1999 et 2015, la ségrégation a baissé1 :
- 7 % à l’échelle de la commune,
- 11 % à l’échelle de la section cadastrale.
 
Les résultats obtenus en étudiant la ségrégation en fonction des revenus indiquent cependant une toute autre évolution : Les écarts de revenu entre les 20% de ménages les plus pauvres et le reste de la population ont augmenté de 1999 à 2015,
+ 9% à l’échelle des communes
+ 10% à l’échelle des sections cadastrales
 
Certaines communes ou quartiers déjà pauvres accueillent de plus en plus de ménages modestes, alors que d’autres communes, déjà riches, ont continué à se « spécialiser » en attirant des familles aisées. Même si le logement social est mieux réparti sur le territoire, les écarts de revenu ont continué de se creuser.
 
Et les enclaves de pauvreté sont plus nombreuses – et plus pauvres … – en 2015 qu’en 1999.
 
Ainsi, le parc privé (locataires et propriétaires-occupants) d’un côté, le parc social de l’autre sont de plus en plus homogènes. En revanche, et malgré une proximité spatiale qui a progressé, ils sont de plus en plus différents l’un de l’autre en termes de revenus. La concentration de pauvreté augmente dans les logements sociaux, tandis que les ménages les plus modestes sont de moins en moins présents dans le parc privé.
 
En 2015, l’essentiel de la ségrégation mesurée, 53% est imputable aux disparités observées à l’intérieur des communes (intra-municipales ou entre les sections d’une même commune). Ce chiffre stable par rapport à 1999 montre à quel point la ségrégation demeure un phénomène très localisé en France. Autrement dit, les écarts (différences) entre sections cadastrales d’une même commune sont en moyenne plus importants que les écarts entre deux communes prises au hasard.
 
(1) La valeur absolue de l’indice de ségrégation est peu significative, c’est pourquoi les chercheurs ne prennent en compte que sa variation.
 
Pour en savoir plus ou disposer des résultats complets de l’étude, adresser votre demande en cliquant ICI